Vous l'avez lu partout. Sur les forums, dans les formations, sous les vidéos YouTube : "90% des traders perdent de l'argent." Le chiffre est tellement répété qu'il ressemble à une fatalité. Comme si le trading était un jeu truqué d'avance.
Mais est-ce que vous savez d'où vient ce chiffre ? Ce qu'il mesure exactement ? Et surtout, ce qu'il ne dit pas ?
Parce que quand on regarde les données de près, la réalité est plus nuancée -- et plus utile -- qu'un simple "9 personnes sur 10 perdent, laissez tomber". Certains marchés sont bien plus risqués que d'autres. Certains horizons de temps changent complètement la donne. Et un facteur revient systématiquement dans toutes les études : ceux qui perdent le plus sont ceux qui n'ont jamais testé leur approche avant de risquer leur argent.
D'où vient le chiffre de 90% ?
La source la plus citée en France, c'est l'étude de l'AMF (Autorité des Marchés Financiers), publiée en 2014.
L'AMF a suivi environ 15 000 clients de courtiers français entre 2009 et 2013. Pendant 4 ans, elle a observé plus de 16 millions de transactions. Le résultat : 89% des clients ont perdu de l'argent sur la période. La perte moyenne par client : 10 900 euros, soit environ 2 200 euros par an.
C'est un chiffre solide, issu d'une étude sérieuse avec des données réelles. Il n'est pas inventé.
Mais il y a un détail que presque personne ne mentionne quand il cite ce chiffre : l'étude porte exclusivement sur les CFD et le Forex avec effet de levier. Pas sur les actions, pas sur les futures, pas sur l'investissement long terme. Uniquement sur les produits dérivés à levier, chez des courtiers retail.
C'est une distinction qui change tout.
Ce que ce chiffre ne dit pas
Les CFD ne sont pas "le trading"
Les CFD (Contracts for Difference) sont des produits dérivés avec un effet de levier élevé. Concrètement, avec 1 000 euros vous pouvez prendre une position de 30 000 euros. Si le marché bouge de 3% contre vous, vous perdez la totalité de votre mise. Les frais (spreads, swaps overnight, commissions) sont proportionnels à la taille de la position, pas à votre capital.
C'est un environnement où les erreurs coûtent extrêmement cher, extrêmement vite. Les 89% de l'AMF mesurent ce contexte précis.
Sur les futures, les chiffres sont différents
La CFTC (l'équivalent américain de l'AMF) a publié en novembre 2024 une étude sur les traders particuliers en futures. Les résultats montrent qu'environ 60% des traders sont en dessous du seuil de rentabilité.
C'est toujours une majorité de perdants, mais on passe de 89% à 60%. Pourquoi ? Les futures ont des frais bien plus bas que les CFD, un marché régulé avec plus de transparence, et un effet de levier qui, bien qu'il existe, est généralement moins extrême que sur les CFD retail.
Sur les actions long terme, les chiffres s'inversent
Et c'est là que ça devient intéressant. Les marchés actions sont structurellement haussiers sur le long terme. Le S&P 500, par exemple, affiche une performance annualisée moyenne de 7 à 10% sur les dernières décennies.
Les données sur les investisseurs en actions montrent que la probabilité de perdre de l'argent diminue drastiquement avec le temps. Sur un horizon de 1 an, environ 30% des investisseurs sont en perte. Sur 5 ans, ce chiffre tombe à 10%. Sur 10 ans, à 5%. Sur 15 ans et plus, il est proche de zéro.
C'est l'exact opposé du 89% de l'AMF. Mais personne ne cite ces chiffres quand il parle des "9 personnes sur 10 qui perdent en trading".
Le court terme et le levier : voilà le vrai facteur
Ce que ces données montrent quand on les met côte à côte, c'est que le facteur de risque numéro un, ce n'est pas "le trading" en général. C'est la combinaison du court terme et de l'effet de levier.
Plus vous tradez sur des horizons courts, plus les frais de transaction grignotent vos gains. Plus vous utilisez du levier, plus une petite erreur devient une grosse perte. Et plus vous prenez de décisions dans une journée, plus vos émotions interfèrent.
Les 89% de l'AMF mesurent des personnes qui faisaient exactement ça : du court terme, avec du levier, sur des CFD. C'est le cocktail le plus risqué qui existe pour un particulier.
Pourquoi ceux qui perdent, perdent
Au-delà du type de marché et du levier, l'étude AMF révèle un autre détail : les clients qui tradaient le plus (en nombre de transactions comme en volume) perdaient le plus.
Ce n'est pas un hasard. Quand on observe les raisons récurrentes dans les études sur les pertes des traders particuliers, trois facteurs reviennent :
Ils n'ont aucun moyen de savoir si leur stratégie fonctionne. Ils ont appris une méthode en formation ou sur YouTube, ils l'appliquent en réel, et quand ça ne marche pas, ils ne savent pas si c'est la stratégie qui est mauvaise ou si c'est eux qui l'exécutent mal. Ils changent de méthode, recommencent, et le cycle continue.
Ils confondent une stratégie qui a eu de la chance avec une stratégie qui fonctionne. Trois mois de gains ne prouvent rien. Une stratégie peut être rentable pendant 6 mois et s'effondrer ensuite, simplement parce qu'elle était adaptée à une condition de marché temporaire.
Ils n'ont jamais vérifié leur approche sur plusieurs conditions de marché. Un test sur une seule période ne prouve pas grand-chose. Il faut vérifier sur des marchés haussiers, baissiers, en range, sur plusieurs années, pour séparer ce qui fonctionne vraiment de ce qui a juste eu de la chance.
Comment ne pas faire partie des 90%
On ne va pas vous donner une liste magique de "ce que font les traders gagnants". Les études mesurent surtout les pertes, pas les recettes du succès. Ce qu'on peut faire, c'est retourner les causes de pertes qu'on vient de voir.
Tester avant de risquer. Si la majorité des traders perdent parce qu'ils n'ont jamais vérifié leur stratégie, la première chose à faire est de la tester sur des données historiques. Pas un test rapide sur 3 mois de démo -- un vrai backtest sur des années de données, avec des frais réalistes.
Mesurer avec des chiffres, pas avec des impressions. "J'ai l'impression que ça marche" n'est pas une preuve. Le drawdown maximum, le profit factor, la régularité de l'equity curve -- ce sont des métriques concrètes qui vous disent si votre stratégie tient la route ou non.
Choisir son horizon en connaissance de cause. Les données sont claires : plus l'horizon est court et le levier élevé, plus le risque de perte augmente. Ce n'est pas une raison de ne jamais trader en intraday, mais c'est une raison de plus pour tester rigoureusement une stratégie court terme avant de la mettre en réel. Le trading comporte des risques significatifs de perte en capital, quel que soit l'horizon -- mais ces risques sont mesurables et gérables quand on a les bons outils.
Le vrai problème, ce n'est pas le chiffre -- c'est l'absence de méthode
Le chiffre de "90% des traders perdent" est vrai dans son contexte (CFD/Forex à levier). Mais il ne raconte pas toute l'histoire. Les futures présentent des chiffres moins extrêmes. Les actions long terme inversent complètement la tendance. Et dans tous les cas, le facteur commun des pertes, c'est l'absence de vérification.
C'est exactement ce que permet un logiciel comme AlgoBacktest : tester vos stratégies sur des années de données réelles -- du 1 minute au 1 jour -- avant de risquer un centime. Pas une boîte noire qui trade à votre place, mais un outil qui vous donne des preuves statistiques pour décider en connaissance de cause. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, mais elles vous donnent une base de décision bien plus solide que l'intuition seule.
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